Lettonie

Santé des enfants lettons confiés à l’Adoption Internationale (Février 2007)

 

Au regard de la connaissance actuelle de l’histoire et de l’état de santé des enfants adoptés en Lettonie, il apparait nécessaire d’informer les adoptants français de la réalité médicale de l’adoption dans ce pays, et ceci, en dehors de tout projet d’adoption d’un enfant dit à particularités.

En effet, si l’on se réfère notamment à l’expérience récente de l’AFA depuis son ouverture en 2006, la grande majorité des enfants en bas âge proposés à l’adoption en France sont atteints d’affections médicales ou chirurgicales qui vont nécessiter le plus souvent une prise en charge conséquente et prolongée. Les enfants de plus de 5-6 ans semblent davantage touchés par des troubles psychiques ou d’origine psychologique.

En Lettonie, un enfant juridiquement adoptable doit en effet avoir été préalablement proposé à des postulants lettons, avant toute proposition de placement dans une famille étrangère. De plus, si les moyens matériels disponibles en Lettonie semblent permettre, dans les pouponnières et les orphelinats, une alimentation et des soins corrects et dispensés avec attention, les moyens humains s’avèrent parfois insuffisants en nombre et en qualification.

Les pathologies rencontrées, antérieures à l’institutionnalisation, sont souvent secondaires à un déficit de prévention médico-sociale lors de la grossesse, après la naissance et durant la petite enfance. L’alcoolisme et les carences nutritives des mères sont fréquents, qui peuvent entraîner des lésions neurologiques ou des malformations sévères chez leurs enfants, mais aussi des carences affectives.

Les rapports médicaux sont souvent succincts ou difficiles à interpréter même pour un médecin, en raison de terminologies et de pratiques médicales différentes nécessitant une demande de complément d’informations, notamment sur le développement psychomoteur de l’enfant. L’Autorité Centrale lettone est prête à les fournir, dès la proposition d’enfant, afin de répondre aux questions des adoptants. C’est aussi l’intérêt de l’enfant concerné de ne pas être « refusé » de façon répétée après avoir rencontré plusieurs parents potentiels. Dans cet esprit, il est conseillé aux postulants de se rapprocher d’une des « consultations adoption » la plus proche de leur lieu de domicile ou d’un spécialiste de l’affection évoquée (coordonnées à l’AFA ou auprès du correspondant départemental AFA).

Enfants de moins de 5-6 ans : A cet âge, les enfants peuvent souffrir de troubles ou handicaps aussi divers qu’un syndrome d’alcoolisation fœtale, une syphilis congénitale, une hépatite B, des malformations, un strabisme non traité, une épilepsie, un asthme bronchique.

Enfants de 6 ans et plus : Chez les enfants proposés, sont le plus souvent décrits dans le rapport médical une hyperactivité, un comportement agressif ou de stress post-traumatique, des troubles de la personnalité, un retard de langage, des carences affectives et difficultés de sociabilité.

Cette réalité sanitaire et médicale suppose donc des adoptions réfléchies et pesées quant à la connaissance de ses propres limites en tant que futurs parents, avant toute prise de décision. En tout état de cause, un bilan médical à l’arrivée de l’enfant en France, réalisé selon le bilan-type proposé par l’AFA est vivement recommandé.