Bibliothèque

 

Avant l’adoption

BONNET Catherine
Geste d’amour – L’accouchement sous X
Odile Jacob, France, 2001

« On peut, en France, donner la vie dans l’anonymat le plus complet. Près d’un millier de femmes accouchent ainsi chaque année sous X, sans décliner leur identité à la maternité, et confient ensuite leur enfant à l’adoption … Qui sont ces femmes qui se séparent ainsi volontairement de leur enfant ? Jusqu’ici, le mystère, la honte et le mépris les entouraient.
Pour la première fois, une femme, Catherine Bonnet, s’est intéressée de près à leur geste. Elle y a découvert de l’amour, au cœur d’un océan de solitude et de souffrance ».
Ce texte fait référence à une édition épuisée ou non disponible de ce titre.
Etude socio-psychologique du cas des femmes qui, comme le permet la loi en France, accouchent « sous X », c’est-à-dire sans décliner leur identité. A la suite de cet accouchement anonyme, l’enfant est confié à l’adoption. Il s’agit d’un « abandon » conscient, au nom de l’intérêt de l’enfant. L’essentiel du volume est consacré au récit-témoignage de 22 femmes qui racontent leur expérience ainsi que leurs problèmes.

 
CAHEN Michel
Accouchement anonyme et adoption plénière
Karthala, collection Questions d’enfance, France, 2004

Les pratiques d’accouchement et d’abandon secrets ont pris, en France, des formes différentes, de la Révolution à nos jours. Quand la Révolution (1793) voulait plutôt mettre la femme au secret pour la protéger de la vindicte sociale et préserver son lien à l’enfant, la Troisième République façonna très nettement la mise au secret de l’enfant abandonné par la rupture totale de la filiation.
Plus tard, l’accouchement « sous X » (1941) conditionna l’octroi de la confidentialité protectrice pour la femme en détresse à l’abandon anonyme de son enfant.
A partir des années 60, l’accouchement « sous X » sembla la manière la plus « pratique » pour permettre des adoptions « plénières » fondées sur le mensonge et le mimétisme de la filiation biologique, au mépris des droits de l’enfant et de la mère naturelle.

 

CASCALES Thomas et LACROIX Marie-Blanche
Les premiers liens dans l’adoption internationale – Les besoins particuliers de l’enfant et des parents

Editions Eres, France, 2015

La diminution progressive du nombre d’enfants adoptables et l’augmentation du nombre de parents postulants complexifient chaque année le projet et la démarche d’adoption. L’enfant adopté et ses parents ont des besoins particuliers qui doivent être pris en compte par des professionnels avertis et formés à la spécificité du parcours de filiation atypique que représente l’adoption internationale. Dans ce contexte sensible, où des mouvements psychiques inconscients et conscients traversent la famille, les conditions de rencontre parents/enfant sont primordiales parce qu’elles portent les germes de la relation en devenir et la qualité de l’affiliation. A partir d’une expérience de terrain au sein d’une consultation d’orientation et de conseil à l’adoption (COCA), les auteurs, spécialistes de la clinique de l’enfant adopté, développent les conditions de réussite de l’établissement des premiers liens entre l’enfant et ses parents au moment de l’adoption. S’appuyant sur les outils méthodologiques, théoriques et cliniques de l’observation du nourrisson et de l’accompagnement périnatal, ils abordent les questions relationnelles, culturelles, identitaires, psychiques qui se posent concrètement aux parents adoptants et aux enfants adoptés, en fonction de leur âge, de leur pays d’origine, de leur développement, leurs difficultés et besoins spécifiques, etc.

Thomas Cascales est docteur en psychologie, psychologue clinicien, psychanalyste (IPP/SPP), spécialisé en clinique périnatale et membre de la COCA Midi-Pyrénées. Marie-Blanche Lacroix est psychiatre, pédopsychiatre, psychanalyste (SPP), spécialisée dans la technique d’observation du nourrisson et membre de la COCA Midi-Pyrénées.

Préface de Marie-Odile Pérouse de Montclos

 

CORPART Isabelle
Filiations : nouveaux enjeux
La Documentation Française, France, 2005

Traiter de filiation amène le juriste à répondre au psychologue, le médecin à se tourner vers le sociologue qui lui aussi pourra soumettre ses interrogations au juriste comme à ses autres collègues. Cette approche pluridisciplinaire fait tout l’objet du présent dossier.
Après l’examen de ce que recouvre cette notion plurielle, à la fois sur le plan social et sur le plan juridique, sont abordés les problèmes particuliers, en terme de filiation, liés à la procréation médicalement assistée avec donneur et à l’adoption.
L’anonymat du donneur ou la possibilité d’accoucher sous X ne sont pas sans soulever de nombreux débats et donnent lieu à des revendications de modification de la loi, notamment au nom du droit de l’enfant à connaître ses origines. De même, les évolutions de la société, relayées par certains tribunaux qui, par exemple, semblent sur la voie d’une certaine forme de reconnaissance de la famille homoparentale, finiront-elles par transformer la législation ?
Centrée sur l’intérêt de l’enfant, la réforme en cours du droit de la famille doit tout d’abord permettre d’assurer l’égalité entre les enfants sans considération du lien existant entre leurs géniteurs, ainsi que les circonstances de leur conception et de leur naissance.

 

DARTIGUENAVE Catherine – TOUTAIN Stéphanie
La tête en désordre – L’exposition prénatale à l’alcool
L’Harmattan, France, 2014.

Comment accueillir un enfant porteur de troubles liés à une alcoolisation pendant la grossesse ? Quatre familles racontent leur histoire, une histoire d’endurance hors du commun : elles ont dû faire preuve, jour après jour, de trésors d’inventivité. Elles ont dû puiser dans leurs ressources intérieures tout en recherchant de l’aide, pour parvenir à relever ce défi imprévu. Un dernier chapitre, davantage théorique, s’adresse plus particulièrement aux professionnels de l’enfance qui souhaitent approfondir leurs connaissances sur le sujet.
« Quand il n’arrivait pas à faire ce qu’on lui demandait, il se mettait en colère et cassait les crayons ou déchirait son travail. Les mauvaises appréciations ont véritablement commencé à tomber à partir de la grande section de maternelle : ne suit pas la consigne, dissipé, ne travaille pas, perturbe la classe …».
« Apprendre à écrire a été très difficile : il avait du mal à maîtriser le tracé des lettres. Nous lui avons offert un petit tableau noir pour dessiner et écrire. Quand il n’arrivait pas à dessiner ce qu’il avait en tête, il jetait les choses à terre et les fracassait. On percevait en lui une extrême frustration. Je me souviens d’un jour où, de désespoir, il nous a dit qu’il voulait se jeter à la poubelle ».

 

DENECHERE Yves
Des enfants venus de loin. Histoire de l’adoption internationale en France
Armand Colin, France, 2011.

En 2010, plus de 3 500 enfants étrangers sont arrivés en France, dont près de 1 000 venus d’Haïti après le séisme dévastateur qui a touché le pays.
Les débats sur la meilleure manière de venir en aide aux enfants et sur les procédures de l’adoption internationale renouvellent des interrogations déjà anciennes autour du désir d’enfant, du sentiment humanitaire et du droit international.
Pour les adoptés, les adoptants et tous ceux qui s’intéressent à ce sujet, regarder en arrière est un bon moyen de mieux comprendre les enjeux d’aujourd’hui.
Pour la première fois un ouvrage présente une histoire de l’adoption internationale qui permet de replacer dans leur contexte les histoires personnelles toujours particulières des uns et des autres. Des archives consultées et des témoignages recueillis émergent les différents temps de l’adoption internationale, ses évolutions géographiques et sociologiques, les rôles des différents acteurs.
Des épisodes méconnus et des perspectives nouvelles enrichissent la connaissance d’un phénomène de société qui ne laisse personne indifférent.

 
DREVET Gaëlle
On regardait s’approcher les nuages
Collection « Témoignage » d’Enfance & Familles d’Adoption, France,  Déc 2014

Cet ouvrage apportera de nombreuses pistes de réflexion aux postulants qui se tournent vers l’adoption d’enfants grands, en fratrie. Il sera tout aussi utile aux professionnels qui accompagnent les familles adoptives.
Un livre fort, d’une lucidité et d’une franchise peu communes, sur les différentes étapes du parcours de l’auteur : du choix de devenir parent par adoption jusqu’à la rencontre des enfants, puis le long chemin de l’adaptation et de l’attachement mutuel, enfin la remarquable évolution des enfants et de toute la famille.

 
ELDRIDGE Sherrie
Parents de cœur
Albin Michel, collection Questions de parents, France, 2003

Adopter un enfant est un projet merveilleux mais aussi un parcours semé d’embûches. Qu’on le veuille ou non, l’enfant que l’on s’apprête à faire sien a une particularité : celle d’avoir été, un jour, abandonné.
Qu’éprouvent les parents avant ou après avoir accueilli un enfant qu’ils ne connaissent pas encore ? Et lui, que ressent-il ? Pourquoi ont-ils parfois du mal à se comprendre ?
Sherrie Eldridge aborde sans tabou les non-dits liés à la souffrance de l’abandon. Elle rappelle aux parents adoptifs que certains des traits de caractère et des besoins de l’enfant sont directement liés à la cicatrice qu’il porte en lui.

Afin de les aider à progresser, elle répond à toutes leurs questions et les invite à ne pas dénier cette blessure ; comprendre qu’il peut avoir honte d’avoir été abandonné et s’en sentir coupable ; accepter sa colère qui peut exprimer la douleur de la perte ; admettre qu’il pense à sa famille de naissance, même s’il n’en parle pas et reconnaître son besoin de savoir la vérité sur sa conception, sa naissance, sa famille biologique ; comprendre sa peur d’être de nouveau abandonné ; reconnaître qu’il est différent de ses parents adoptifs …

Un livre indispensable qui aidera les parents et les enfants à se comprendre.

 
GOUZES Gérard
Pour une éthique de l’adoption internationale
La Documentation Française, France, 2001.

Un premier chapitre définit l’adoption internationale : son importance, la nécessité de son encadrement, les engagements internationaux de la France, la portée internationale de la décision d’adoption.
Un deuxième chapitre traite de la moralisation de l’adoption internationale au travers des traités internationaux (Convention de La Haye), des opérateurs de l’adoption internationale (associations d’adoptants, Conseil supérieur de l’adoption, Mission de l’adoption internationale, organismes agréés d’adoption).
Puis sont étudiées les difficultés de l’adoption internationale : difficultés d’ordre juridique, d’ordre pratique, la réglementation des conflits de lois internationales du fait de la diversité des situations rencontrées.
Enfin après examen de la proposition de loi Mattei, le rapport insiste sur la nécessité d’une nouvelle loi et d’un renforcement de la concertation et propose notamment la création d’un Comité consultatif, la création d’une charte de l’adoption, d’un jour de fête de l’adoption…).
Deux volumes sont annexés au rapport : l’un sur l’adoption au Vietnam, au Maroc et en Roumanie, l’autre est une revue de presse.

 
HAMAD Nazir
L’enfant adoptif et ses familles
Denoël, France, 2001.

Réflexion d’un psychanalyste sur le projet d’adoption, le choix de l’enfant, les motivations, le désir d’enfant, les liens de la famille, l’adoption internationale.

 
LE CALLENNEC Sophie
L’adoption : du projet à l’enfant
Vuibert, France, 2006

Couples et célibataires sans enfants souhaitant fonder une famille, parents désireux d’accueillir un enfant privé de famille, adultes aspirant à formaliser leurs liens avec des enfants qu’ils élèvent déjà dans le cadre d’une famille recomposée ou au titre de la famille d’accueil… 50 000 personnes en France sont, aujourd’hui, concernées par l’adoption et ses procédures.
Au cœur de cette attente, l’enfant et son futur bien-être doivent rester l’objectif essentiel. C’est pourquoi le parcours des adoptants s’avère parfois long et difficile. Jalonné de témoignages de professionnels, adoptants et adoptés, cet ouvrage se propose d’accompagner le lecteur dans sa réflexion pour lui permettre de savoir :

  • Comment obtenir son agrément en vue d’adoption en franchissant les étapes administratives et en réfléchissant aux spécificités de la parentalité adoptive afin de se préparer à l’enquête psychosociale ;
  • quels enfants sont adoptables, en France et à l’étranger, et quelles procédures suivre ;
  • quelles étapes permettent de finaliser l’adoption (jugement, transcription à l’état civil) et comment, après l’adoption, gérer les éventuelles particularités de la vie dans une famille adoptive.

Ce guide sera le compagnon indispensable des personnes, commençant ou poursuivant des démarches d’adoption, qui désirent comprendre le plus simplement possible les méandres de la procédure d’adoption tout en se préparant à accueillir, au mieux, l’enfant vers lequel elles cheminent.

 
LEVY-SOUSSAN Pierre
Destins d’adoption
Editions Fayard, France, 2010.

L’adoption est une aventure risquée, qui se termine trop souvent par un échec (ré-abandons d’enfants, absence de sentiment filiatifs réciproques) et il n’y a en France aucune politique qui permette de l’éviter.
À travers de nombreux exemples, l’auteur tente d’éclairer les étapes décisives du processus d’adoption, tant pour l’enfant que pour ses futurs parents, ainsi que les difficultés rencontrées et les erreurs à ne pas commettre.
Il dénonce l’évolution de plus en plus biologisante de la filiation, susceptible d’ébranler l’adoption la plus solide. Toutes les réussites familiales de la « greffe » que représente la transformation d’un enfant en fils ou fille témoignent de la complexité d’un voyage que les parents doivent entreprendre en connaissant les risques à venir et leurs propres limites. Sur le plan international, la perte progressive de la crédibilité de notre pays dans ce domaine repose en particulier sur l’absence de sélection rigoureuse des candidats à l’adoption.
L’auteur évoque en outre l’amateurisme institutionnel en matière d’adoption et l’absence d’une réelle politique de prévention des échecs en France, sans faire l’impasse sur certaines affaires très médiatisées (trafics de bébés bulgares, Arche de Zoé ou enfants d’Haïti).

 
NICOLIN Yves
L’adoption, une nouvelle naissance
Tallandier, France, 2007.

Pourquoi j’ai voulu écrire ce livre ? En réalité, l’immense majorité des adoptants sont des parents qui souhaitent fonder ou agrandir une famille, qui entendent donner du bonheur et de la joie à leurs enfants, comme tous les parents du monde.
L’adoption internationale, ce n’est pas une idylle. Tous ceux qui s’y engagent doivent savoir qu’une longue attente et de difficiles démarches peut n’aboutir à rien. Une déception d’autant plus douloureuse quand elle s’ajoute à l’échec d’une naissance biologique. Ensuite, l’enfant, quelle que soit son origine ou sa couleur, pose en grandissant des questions légitimes : son origine biologique, son pays de naissance.
Chaque année pourtant, des milliers de parents adoptifs entreprennent le voyage qui, des services du conseil général de leur département à des contrées parfois lointaines, va les conduire à la plus belle des quêtes, celle d’un enfant.
En tant que parlementaire, j’ai contribué à la politique d’adoption de notre pays, participé au vaste chantier que constitue cette autre voie de filiation qui, malgré l’importance de son développement depuis plus de vingt ans, n’attirait pas suffisamment l’attention des pouvoirs publics.

 
RIVEST Claudette
L’épreuve de l’abandon et l’état d’insécurité affective
Du Cram–Porte Bonheur, Québec, 2005.

« L’objectif que je poursuis est de démontrer que lorsque l’attachement avec la mère n’a pas eu lieu, les enfants vivent une carence affective et sont troublés par la peur inconsciente, mais permanente d’être abandonnés. Les rapports harmonieux avec l’objet narcissique premier qu’est la mère, constituent la base même du sentiment de sécurité affective, alors qu’au contraire, des rapports troubles à un moment critique constituent la base du sentiment d’abandon et des réactions d’insécurité, de tristesse et d’agressivité qui y sont liées inextricablement.
Sensible aux difficultés d’adaptation et d’apprentissages des enfants incapables de se conformer aux attentes des adultes en autorité, j’ai résolument décidé d’examiner les empreintes laissées par leurs expériences de séparations. Pour le petit enfant, exister et grandir ne sera bienfaisant et joyeux que s’il se sent en sécurité physique et en communication affective avec sa mère et que, ce qui a lieu ou n’a pas lieu dans le temps de la relation symbiotique et des désirs narcissiques peut empêcher certains enfants de réaliser un véritable attachement. »

 
RUDE-ANTOINE Edwige
Adopter un enfant à l’étranger
Odile Jacob, France, 1999

Les deux tiers des adoptions ont désormais lieu à l’étranger. Parcours du combattant pour les parents, ce processus suscite les représentations les plus contrastées, au point qu’on parle parfois de véritable marché planétaire. Qu’en est-il vraiment ? Et d’abord quelles sont les motivations des parents ? Comment les différents Etats répondent-ils à la demande, selon quelles procédures juridiques, avec quels effets ? Comment la législation a-t-elle évolué pour faire face à ce phénomène ? Et surtout, comment cela se passe-t-il concrètement ?
Par-delà l’analyse des aspects juridiques et des procédures à travers le monde, Edwige Rude-Antoine propose également une réflexion sur ce qu’éprouvent les adoptés eux-mêmes. Une enquête indispensable aussi bien pour les parents qui adoptent que pour les professionnels de l’enfance.

 
SELLENET Catherine
Souffrances dans l’adoption
De Boek, collection Parentalité, Belgique, 2009

Toute vérité n’est pas bonne à dire, dit-on, et pourtant faut-il se taire sur les difficultés plus ou moins graves rencontrées par les adoptés et les adoptants ? Nous ne le pensons pas et nous prenons le risque d’entendre et d’exposer des souffrances cachées, masquées, indicibles jusqu’à ce jour.
Ce livre n’est pas une dénonciation de l’adoption qui reste un moyen privilégié pour créer une famille ou l’agrandir, mais il ouvre un débat sur les souffrances de certaines trajectoires brisées, sur des symptômes d’enfants difficiles à contenir, sur la solitude de certains parents et les difficultés rencontrées par les professionnels pour répondre à ces nouveaux besoins d’aide et d’accompagnement.
L’adoption n’est pas seulement la rencontre magique des désirs, elle reste une aventure complexe, parfois semée d’aléas qu’il nous appartient de comprendre.
Loin d’être fataliste, ce livre ouvre une porte, celle de l’espoir de travailler ensemble au devenir des enfants adoptés. Le lecteur y trouvera des témoignages de parents, d’enfants, des analyses de situations, des pistes pour intervenir et se former. C’est aujourd’hui que se prépare l’avenir de nombreux enfants adoptés, dont nous sommes tous solidairement responsables.

 
SOSTHENE FOUDA Vincent
Notions de réussite et d’échec dans la filiation adoptive
L’Harmattan, France, 2002

Peut-on réfléchir avec calme et probité aux questions que pose l’adoption dans notre pays la France, où le taux de fécondité est de 1,9 enfant par femme et où la population est de plus en plus vieillissante ? On va de plus en plus loin pour trouver un enfant à adopter et les chemins humains, affectif, émotionnel et juridique qui conduisent à l’adoption sont de plus en plus longs.
La question paraît cruciale : doit-on passer un concours pour avoir le droit d’adopter ? D’un autre côté, doit-on, pour la simple raison de donner à tous la chance d’être parents, ouvrir l’adoption à tous sans le moindre contrôle ? _ Je n’ai pas pu répondre à vos questions mais cet ouvrage se veut accessible au plus grand nombre : les parents potentiels, les enfants adoptés et à adopter et les professionnels de l’action sociale qui se retrouvent souvent confrontés aux problèmes de cette nature.
Le texte se tient par lui-même et renvoie aux notes de bas de page pour les étudiants en sciences sociales souhaitant poursuivre ces investigations.

 
COSTA-LASCOUX Jacqueline (article)
« Du fantasme à la réalité »

Autrement n°96, 1988, pp. 172-177.

À partir d’entretiens avec des candidats à l’adoption internationale, l’auteure cherche à connaître les motivations, les représentations et les attitudes de ceux-ci par rapport à l’adoption d’enfants étrangers. Elle s’intéresse aux trois registres de la vie du couple, de l’enfant et de la société mis en jeu par l’adoption internationale : le réel, le symbolique et l’imaginaire.
L’auteure explique que les parents veulent construire une famille comme si l’enfant adopté était le leur, mais qu’ils perçoivent leur engagement dans une filiation affective et volontaire comme établissant un lien plus fort et plus durable, ce qui se traduit par une idéalisation de l’enfant adopté et de son altérité. L’adoption d’un enfant physiquement dissemblable aux parents n’est pas un moyen de cacher la stérilité du couple, mais de témoigner de la générosité de parents qui perçoivent l’adoption comme une valeur en soi.
L’auteure s’intéresse finalement à l’attitude des parents à l’égard des réticences des gouvernements des pays d’origine à consentir aux adoptions plénières et aborde l’adoption internationale sous l’angle des représentations Nord-Sud.

 
SOULÉ Michel ((article)
« Penser l’adoption »

Autrement n°96, 1988, pp. 144-148

Cet article consiste en un entretien de type question-réponse avec Michel Soulé, psychiatre. Plusieurs thèmes y sont abordés, dont la place de l’adoption aujourd’hui face à la procréation assistée, le discours sur le désir d’enfant et sur la notion d’intérêt de l’enfant, l’évaluation des candidats à l’adoption, l’adoption d’enfants handicapés et d’enfants étrangers.
Au sujet de l’adoption internationale, Soulé explique que les parents doivent faire le deuil d’un enfant sans passé et cesser d’idéaliser l’enfant étranger. Les parents doivent avoir accepté également leur stérilité dans la mesure où la dissemblance physique de leur enfant la leur rappellera sans cesse. Selon lui, l’adoption d’enfants handicapés et d’enfants étrangers contribuera à l’évolution des mentalités. Finalement, Soulé traite de la question du roman familial, du questionnement de l’enfant adopté sur ses origines et de la façon dont les parents doivent aborder cette problématique.